Quand un conjoint décède, le survivant se retrouve face à des règles qui changent radicalement selon le statut du couple : marié, pacsé ou concubin. La méconnaissance de ces règles coûte cher, parfois en argent, parfois en temps de procédure.

Cet article fait le tour des droits du conjoint survivant en France, en distinguant clairement les trois statuts. Il aborde la succession, l'option du conjoint, l'usufruit, la pension de réversion, et les démarches à engager rapidement. Toutes les règles citées sont vérifiables sur les sources officielles renvoyées en bas d'article.

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Mariage, Pacs, concubinage : trois statuts, trois protections

Le statut du couple au moment du décès détermine presque tout.

Mariage. Le conjoint marié est héritier légal de son époux ou épouse. Il bénéficie d'options successorales prévues par le Code civil et de la pension de réversion s'il y a droit. C'est le statut le mieux protégé.

Pacs. Le partenaire pacsé n'est pas héritier légal automatique. Sans testament désignant explicitement le partenaire, il peut se retrouver totalement écarté de la succession. En revanche, il bénéficie d'avantages fiscaux importants si un legs lui est fait par testament (exonération de droits de succession identique au conjoint marié).

Concubinage. Le concubin notoire n'a aucun droit successoral automatique, et un legs par testament est taxé au taux de 60 % après un abattement très faible. C'est le statut le moins protégé.

Cette distinction explique pourquoi un nombre croissant de couples établissent un testament chez un notaire, voire optent pour un changement de régime patrimonial. Les démarches sont à anticiper du vivant des deux partenaires.

L'option du conjoint marié dans la succession

Le conjoint marié, en présence d'enfants, doit faire un choix lors du règlement de la succession. Ce choix s'appelle "l'option du conjoint" et a des conséquences importantes sur la transmission.

Deux options principales existent :

Le choix entre les deux dépend de la composition du patrimoine, de l'âge du conjoint, des relations avec les enfants (notamment dans les familles recomposées), et de la situation financière du survivant. Le notaire en charge de la succession aide à arbitrer ce choix selon la situation personnelle.

En l'absence d'enfants ou de descendants, le conjoint reçoit en principe la totalité de la succession, sauf en présence des parents du défunt qui conservent un droit dans certaines conditions.

Le droit au logement : une protection souvent méconnue

Le conjoint marié bénéficie de deux droits distincts sur le logement de la famille.

Le droit temporaire au logement : pendant l'année qui suit le décès, le conjoint marié a le droit de continuer à occuper gratuitement le logement principal et d'utiliser le mobilier qui le garnit. Ce droit s'applique automatiquement, sans démarche particulière.

Le droit viager au logement : le conjoint marié peut, dans certaines conditions, bénéficier à vie du droit d'occuper le logement principal. Ce droit doit être expressément demandé dans l'année qui suit le décès. Il s'impute sur la part successorale du conjoint.

Ces deux droits ne s'appliquent pas aux pacsés ni aux concubins. Pour un partenaire pacsé, le maintien dans le logement peut être prévu par testament, le partenaire bénéficiant alors d'un droit similaire au droit temporaire.

La pension de réversion

Indépendamment de la succession, le conjoint survivant peut prétendre à une pension de réversion versée par les régimes de retraite du défunt. Le mariage est en principe la condition d'éligibilité (le Pacs et le concubinage n'ouvrent pas droit à la réversion dans la quasi-totalité des régimes).

Les conditions varient selon le régime :

Le détail des règles applicables est disponible sur info-retraite.fr et lassuranceretraite.fr. Voir aussi notre guide complet sur les conditions de la pension de réversion.

Les démarches à engager rapidement

Plusieurs démarches sont à engager dans les semaines qui suivent le décès :

Cas particuliers à connaître

Mariage récent suivi d'un décès rapide. Le conjoint marié reste héritier légal quel que soit la durée du mariage, mais certaines pensions de réversion exigent une durée de mariage minimale. Vérifiez les conditions de chaque régime.

Conjoint étranger ou mariage célébré à l'étranger. Si le mariage n'est pas transcrit sur les registres d'état civil français, le conjoint peut rencontrer des difficultés à faire reconnaître son statut en France. La transcription est à demander au consulat compétent.

Familles recomposées. En présence d'enfants d'unions précédentes, l'option successorale du conjoint a des conséquences importantes sur ce que recevront les enfants nés de précédentes unions. Un notaire est indispensable pour clarifier la situation.

Concubin notoire de longue date. Sans testament et sans Pacs, le concubin n'hérite de rien automatiquement, même après des décennies de vie commune. La seule protection possible est le testament rédigé du vivant du défunt.

Conjoint sous tutelle ou curatelle. Le tuteur ou curateur peut être amené à exercer les droits du conjoint, sous le contrôle du juge des tutelles selon les actes envisagés.

FAQ

Le conjoint survivant marié hérite-t-il de tout ?

Non, sauf en l'absence d'enfants et de parents du défunt. En présence d'enfants, il doit choisir entre usufruit total et un quart en pleine propriété. En présence des parents du défunt mais sans enfants, il partage avec eux dans certaines conditions.

Le pacsé peut-il hériter sans testament ?

Non. Sans testament désignant expressément le partenaire pacsé, celui-ci n'est pas héritier légal et ne reçoit rien de la succession. Seul le testament permet d'organiser une transmission au profit du partenaire, avec une fiscalité avantageuse.

Combien de temps a-t-on pour faire valoir le droit viager au logement ?

Le délai est d'un an à compter du décès, conformément aux règles du Code civil. Au-delà, le droit est perdu. La demande peut être formalisée par lettre recommandée auprès des autres héritiers ou via le notaire en charge de la succession.

Que se passe-t-il pour le compte joint au décès du conjoint ?

Le compte joint continue généralement à fonctionner, le conjoint survivant pouvant en disposer. Mais la part du défunt sur le solde fait partie de la succession. Voir notre guide sur le déblocage du compte bancaire après décès.

Le conjoint divorcé a-t-il droit à la pension de réversion ?

Oui, sous certaines conditions. Si le défunt a été marié plusieurs fois, la pension peut être partagée entre les conjoints survivants et l'ex-conjoint au prorata de la durée de chaque mariage. Les règles précises dépendent du régime de retraite.

En résumé

Trois repères essentiels :

L'arbitrage des options et la mise en œuvre des droits passent presque toujours par un notaire. C'est le bon interlocuteur pour faire le point sur votre situation précise.

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Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.