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📘 Ce sujet fait partie de notre Guide complet de la succession en France 2026 — vue d'ensemble des étapes, lois, délais et fiscalité.

Quand un salarié décède, plusieurs prestations peuvent être versées à ses proches. Les deux principales sont le capital décès de la Sécurité sociale et la prévoyance d'entreprise, qui se cumulent dans la plupart des cas. Trop de familles ignorent ces droits ou les demandent trop tard.

Cet article fait le point sur les deux dispositifs : conditions, bénéficiaires, démarches, délais. Pour les montants chiffrés, qui évoluent selon la réglementation, le réflexe est de consulter ameli.fr et de demander à l'employeur du défunt le détail de la prévoyance d'entreprise applicable.

Si la mutuelle était liée à l'employeur, en parallèle de la démarche capital décès : prévenir la mutuelle santé après un décès.

Les deux dispositifs : capital décès Sécurité sociale et prévoyance d'entreprise

Il faut bien les distinguer car ils répondent à des règles différentes.

Le capital décès de la Sécurité sociale

C'est une prestation versée par la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie) aux proches d'un salarié du privé décédé, à condition que le défunt remplisse certaines conditions d'activité au moment du décès. Le capital est forfaitaire, fixé par décret, et non lié au salaire du défunt.

Il est indépendant de la prévoyance d'entreprise et se cumule avec elle. Il est non imposable selon les règles en vigueur.

La prévoyance d'entreprise

C'est un contrat collectif souscrit par l'employeur pour ses salariés, qui prévoit le versement d'un capital ou d'une rente aux ayants droit en cas de décès. Le montant dépend du contrat signé par l'employeur et peut représenter plusieurs mois ou années de salaire selon les niveaux de garantie.

La prévoyance s'ajoute au capital décès de la Sécurité sociale. C'est souvent la prestation la plus importante en montant.

Capital décès Sécurité sociale : conditions et démarche

Conditions pour ouvrir droit

Le défunt doit en principe avoir été, dans la période précédant le décès, dans une situation ouvrant droit (salarié en activité, demandeur d'emploi indemnisé, titulaire d'une pension d'invalidité, etc.). Les conditions précises sont fixées par la réglementation et accessibles via ameli.fr ou auprès de votre CPAM.

Qui peut bénéficier

Deux catégories de bénéficiaires :

Le partenaire pacsé est en principe reconnu comme bénéficiaire dans certaines conditions, ce qui le distingue de la pension de réversion. Voir notre guide pension de réversion : conditions.

Délai pour demander

Le capital n'est pas versé d'office : il faut en faire la demande auprès de la CPAM dont dépendait le défunt, dans un délai prévu par la réglementation (différent selon que vous êtes bénéficiaire prioritaire ou non). Au-delà du délai, le droit peut être perdu.

Pièces à fournir

Prévoyance d'entreprise : la démarche

Identifier le contrat

Première chose à faire : prévenir l'employeur du défunt et lui demander le détail du contrat de prévoyance applicable. L'employeur doit transmettre à l'organisme assureur la déclaration de décès et les coordonnées des ayants droit.

L'employeur fournit en général un formulaire dédié et la liste des pièces à transmettre. La prévoyance peut prévoir :

Les niveaux de garantie sont définis par la convention collective applicable et par le contrat de prévoyance souscrit par l'entreprise.

Désignation du bénéficiaire

La prévoyance d'entreprise comporte en général une clause bénéficiaire. Si le défunt avait fait une désignation expresse (par écrit, parfois via un formulaire interne), elle prime. À défaut, une clause par défaut s'applique (souvent : conjoint, à défaut enfants, à défaut héritiers selon ordre légal).

C'est un point crucial. Beaucoup de salariés n'ont jamais formalisé de désignation, et la clause par défaut s'applique. Si le défunt avait formalisé une désignation, vérifiez son contenu auprès de l'organisme assureur.

Pièces à fournir

Délai

Les délais varient selon les contrats. La règle générale : faire la demande dès que possible, sans attendre. Une fois la demande complète déposée, le versement intervient en général dans un délai de quelques semaines à quelques mois.

Cas particuliers à connaître

Décès d'un fonctionnaire

Le capital décès des fonctionnaires obéit à des règles spécifiques selon la fonction publique (État, territoriale, hospitalière). L'employeur public est l'interlocuteur direct. Les montants et les conditions diffèrent du régime général.

Décès d'un indépendant

Les indépendants ont un capital décès spécifique, intégré au régime général depuis la suppression du RSI. Les conditions sont proches de celles du régime général. Renseignez-vous auprès de la CPAM.

Décès d'un demandeur d'emploi indemnisé

Un demandeur d'emploi indemnisé par France Travail (ex Pôle emploi) peut, sous conditions, ouvrir droit au capital décès Sécurité sociale pour ses ayants droit. Les conditions précises sont fixées par la réglementation.

Décès d'un retraité

Le capital décès du régime général ne s'applique en principe pas aux retraités décédés. En revanche, certaines caisses de retraite ou complémentaires peuvent prévoir une prestation de secours aux ayants droit en cas de difficultés. À demander à la caisse de retraite du défunt.

Décès en accident du travail ou maladie professionnelle

Des prestations spécifiques s'ajoutent : rente d'ayant droit, frais funéraires pris en charge selon la réglementation. La CPAM est l'interlocuteur direct.

Concubin ou pacsé

Le partenaire pacsé peut être bénéficiaire prioritaire du capital décès Sécurité sociale s'il était à charge ou désigné, contrairement à la pension de réversion qui est réservée au conjoint marié. Pour la prévoyance d'entreprise, tout dépend de la clause bénéficiaire : si le défunt avait désigné expressément son partenaire, celui-ci touche.

Décès à l'étranger

Le capital décès de la Sécurité sociale française peut être versé aux ayants droit même si le décès est survenu à l'étranger, à condition que le défunt relève du régime français. La prévoyance d'entreprise française continue également à s'appliquer dans la plupart des cas.

Les pièges à éviter

FAQ

Le capital décès est-il versé automatiquement ?

Non, ni le capital décès Sécurité sociale ni la prévoyance d'entreprise ne sont versés automatiquement. Il faut faire la démarche auprès de la CPAM pour le premier et auprès de l'employeur (puis de l'organisme assureur) pour la seconde.

Combien de temps ai-je pour demander ?

Les délais varient selon le dispositif et selon que vous êtes bénéficiaire prioritaire ou non. Plus vous attendez, plus le risque de prescription augmente. Faites la démarche dès que possible après le décès.

Le partenaire pacsé peut-il toucher le capital décès ?

Pour le capital décès Sécurité sociale, oui, sous conditions de charge ou de désignation. Pour la prévoyance d'entreprise, cela dépend de la clause bénéficiaire. Le pacsé est mieux traité que pour la pension de réversion, qui reste réservée au conjoint marié.

Le capital décès est-il imposable ?

Le capital décès de la Sécurité sociale n'est en principe pas soumis à l'impôt sur le revenu selon les règles en vigueur. Pour la prévoyance d'entreprise, le régime fiscal et social peut être plus complexe selon la nature de la prestation et la clause bénéficiaire. À vérifier avec un conseiller fiscal ou le notaire.

Puis-je cumuler capital décès et pension de réversion ?

Oui, ce sont deux dispositifs indépendants qui peuvent se cumuler. Pensez à demander les deux séparément, dans des démarches distinctes.

En résumé

Capital décès et succession civile : interaction

Le capital décès versé par l'employeur, la Sécurité sociale ou un organisme de prévoyance suit des règles distinctes de la succession civile, mais peut parfois s'y intégrer. Voici comment les deux interagissent.

Le capital décès employeur : régime spécifique

Le capital décès Sécurité sociale (CPAM) est versé aux personnes à charge du défunt — pas selon les règles de la succession :

Voir aussi notre guide droits de succession 2026 pour les règles fiscales générales.

Le capital décès prévoyance employeur

Beaucoup de contrats de prévoyance collective d'entreprise prévoient un capital décès complémentaire :

Le capital décès intégré à la succession civile

Si le défunt n'avait pas désigné de bénéficiaire (ou si la clause est "mes héritiers"), le capital décès intègre alors la succession civile :

Voir aussi :

Bonnes pratiques à retenir

  1. Demander à l'employeur dès le décès s'il existe un capital décès prévoyance — beaucoup de familles l'oublient
  2. Vérifier les bénéficiaires désignés sur tous les contrats de prévoyance du défunt
  3. Récupérer le contrat collectif auprès du service RH ou de la mutuelle d'entreprise
  4. Délai prescription : les bénéficiaires ont 2 ans à compter du décès pour réclamer le capital prévoyance

Questions fréquentes

Qui peut toucher cette prestation en France ?

Les bénéficiaires sont définis soit par contrat (clause bénéficiaire pour l'assurance-vie) soit par la loi (ordre légal : conjoint > enfants > parents). Vérifiez les contrats du défunt — souvent un classeur "papiers" ou un espace en ligne contient les références.

Sous quel délai faire la demande ?

Variable : 2 ans en France pour le capital décès Sécu, 10 ans pour l'assurance-vie, mais idéalement dans les 6 mois pour éviter les complications. La règle d'or : faire la demande dès que vous avez l'acte de décès, sans attendre.

Quels documents fournir ?

Acte de décès, pièce d'identité du bénéficiaire, RIB, justificatif de lien avec le défunt (livret famille), copie du contrat ou référence. Pour l'assurance-vie : la lettre de réclamation type est souvent fournie par l'assureur.

Est-ce que c'est taxé ?

Cela dépend du pays et du contrat. L'assurance-vie a un régime fiscal favorable (152 500 € exonérés par bénéficiaire en France pour versements < 70 ans). Le capital décès Sécu est généralement exonéré. Pour les prestations professionnelles, c'est à vérifier au cas par cas.

Comment retrouver un contrat oublié ?

Service AGIRA en France (recherche assurance-vie tous bénéficiaires d'un défunt), équivalents dans d'autres pays. Vérifiez aussi les relevés bancaires du défunt sur les 5 derniers années pour détecter des prélèvements d'assurance.

Sources officielles à consulter

Cet article est à titre informatif. HelloMathilde ne remplace ni un notaire, ni un avocat, ni un conseiller fiscal, ni un opérateur funéraire. En cas de doute sur votre situation, consultez un professionnel.